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                                                                         Le travail forcé


     Malgré l'abolition de l'esclavage en 1848 rendue possible par l'action de Victor Schoelcher, de nombreux indigènes furent soumis au travail forcé qui contribua à augmenter de manière significative le taux de mortalité. A ce titre, l'exemple du Congo français est significatif de la volonté des colons d'exploiter intensivement les ressources de l'Afrique.

     La France décréta que toute les terres non occupées devait lui revenir incluant donc les forêts productrices de caoutchouc, les rivières et les bords des rivières. A l'instar de l'Etat indépendant du Congo occupé par les belges, l'Etat français a accordé en 1899 des concessions  à de nombreuses entreprises ( plus de 40), dans le but d'exploiter les ressources en caoutchouc. 70 % du territoire fut ainsi partagée en concessions.

     Dans de nombreuses concessions, les indigènes furent enrôlés de force pour récolter le caoutchouc et le porter. Afin de les contraindre à travailler, on leur imposait un impôt qu'il ne pouvait payer que par leur labeur. Les chefs de poste utilisent fréquemment la chicote (fouet à lanières nouées) pour accélèrer le travail. De nombreuses milices privées ont été formées pour réprimer les récalcitrants.

     La construction des infrastructures était également facilitée par l'utilisation massive d'une main d'oeuvre gratuite et docile   En Côte d'Ivoire, la ligne Abidjan-Ouagadougou (1932) fut réalisée grâce au travail forcé.  Un jeune médecin, Félix Houphouët-boigny crée le premier syndicat agricole ivoirien afin de lutter pour les droit des paysans ivoiriens..

     Dans l'Etat indépendant du Congo, de 1880 à 1910, on estime à près de dix millions de congolais qui sont morts des suite de leur labeur (construction des réseaux routiers et ferroviaires, exploitation de l'ivoire et du caoutchouc..). En 1908, devant l'ampleur de la brutalité coloniale, Léopold II prit le contrôle de la colonie et lui donna le nom de Congo belge.

     Des écrivains célèbres dénonceront le travail forcé et la brutalité des colons envers les indigènes. Après un voyage en Afrique, André Gide rédigera en 1927 son ouvrage "Voyage au Congo" dans lequel il dénonce les exactions des exploitations de caoutchouc.