
Le principe de
l'inégalité des races
Les essais de classification des être humains ont
été réalisés bien avant la colonisation.
N'oublions pas que dans l'antiquité, Hippocrate
était persuadé que les hommes avait des
caractères différents selon leur lieux de
résidence géographique. Le climat chaud et humide
poussait à l'indolence alors que les climats plus sec et plus
froid rendait plus énergique.
Mais c'est vraiment à partir du XVIII
ème siècle qu'une véritable classification
méthodique s'organise. Charles de Linné, médecin
et botaniste suédois, dans son ouvrage "systema naturae"
réédité en 1758, divise l'humanité en
quatre grands groupes ayant des caractéristiques morales et
physiques communes. L'européen y est valorisé (blanc,
ardent, yeux bleus, ingénieux, gouverné par des lois..)
alors que les autres peuples sont dévalorisés (le noir
est indolent, l'asiatique est avare...).
A la fin du XIX ème siècle, peu
de personnes contestent ces classifications simpliste de
l'humanité. Les manuels scolaires affirment d'ailleurs
l'existence de quatre grandes races. Bien entendu, l'homme blanc est
valorisé tant au point de vue de l'apparence et de la morale, ce
qui permettait de légitimer la colonisation.
Il est vrai que la
supériorité
de l'homme blanc a été soutenue dans de nombreux
ouvrages. Joseph Arthur de Gobineau publie en 1853, un livre au titre
évocateur : "L'essai sur
l'inégalité des races humaines" ; il affirme
: "que toute civilisation
découle de la civilisation blanche,
aucune ne peut exister sans son concours..".
Par ailleurs, des hommes
de lettres comme Jules romain et Kipling
(le fardeau de l'homme
blanc..) affirment la supériorité de
l'européen. Ernest Renan
développe également
cette idée dans son ouvrage "La réforme intellectuelle et morale"(1871).
Mais pour valider cette suprématie de
l'homme blanc, il fallait la vérifier "scientifiquement"...
L'école de Broca fondée par Paul Broca, un des plus
honorés médecins de son temps, étudia
prioritairement le cerveau et sa masse voluminique à l'aide de
nouveaux instruments (cranioscope, craniographe...).
Selon lui,
d'après les diverses analyses, l'homme blanc est
supérieur car il dispose d'un cerveau plus lourd par rapport aux
autres peuples !! D'ailleurs, le Larousse de 1866 ne dit pas autre
chose :"un fait incontestable est que les noirs ont un cerveau plus
rétréci et plus léger que l'espèce
blanche". Les savant pouvaient également étudier à
loisir des indigènes qui étaient exposés dans les
zoos humains. A cet égard,
l'exemple de la "Vénus Hottentote"
(Saartjie Baartman) est un puissant symbole du racisme scientifique et
du voyeurisme pour le moins douteux.
Ainsi à l'apogée de la
colonisation, le racisme est répandu et est renforcé par
l'expansion de la culture de masse qui diffuse de nombreux
messages insistant sur la supériorité de l'homme blanc et
son devoir de régenter le monde. Toutefois, après la
première guerre mondiale de nombreux intellectuels ayant
voyagé dans les colonies défendront la cause des
colonisés et dénonceront ces théories farfelues.
En 1927, de retour du Congo, A. Gide déclara cette phrase
éloquente :" moins le blanc
est intelligent, plus le noir lui
paraît bête".
Paul Broca