Le sentiment national en France



La fin du 19 ème siècle est caractérisée par le développement de la conscience nationale dans nombre de pays européens. La troisième République en France a contribué à la construction progressive d'une unité nationale.

Le rôle de l'école est primordial car sa mission est de faire connaître la patrie aux enfants. Elle doit former de futurs citoyens mais aussi de bons et loyaux soldats. Les écoliers doivent mémoriser les grandes dates (bataille de Marignan) et personnages de leur histoire (Vercingétorix, Jeanne d'Arc). Le chant patriotique, la Marseillaise, est intégrée au programme du cerficat d'études ; La création des bataillons scolaires en 1882 permet l'apprentissage de la discipline militaire.

Les cartes et les manuels scolaires mettent en relief la guerre tragique de 1870 et la perte de l'Alsace et Lorraine: "La funeste guerre de 1870-71 a mutilé notre frontière de l'Est. Une grande partie de l'Alsace a été enlevée par l'Allemagne, malgré les protestations des habitants et les droits sacrés de notre histoire." (manuel Belin 1913).



La nostalgie des provinces perdues - encadrées de mauve - est également de mise dans ce manuel :
"Les deux provinces d'Alsace et de Lorraine qui forment aujourd'hui des terres d'Empire s'étaient données librement à la France. C'est par la force qu'elles ont cessé d'être françaises. Avec elles, la France a perdu une plaine opulente admirablement fertile et cultivée, des monts et des coteaux couvert de forêts et de vignes, des vallées jalonnées de fabriques et de manufactures florissantes, de grandes cités industrielles, foyers de science, de lumière et de patriotisme. Sur ce territoire vivaient et prospéraient près de 1 600 000 habitants laborieux, intelligents, loyaux, dévoués à la France et qui, depuis l'annexion, lui sont restés obstinément fidèles".

Le sentiment d'appartenance s'acquiert également par l'étude des paysages et des valeurs de la France. L'ouvrage, Le tour de France par deux enfants, a été étudié par de nombreux élèves, futurs soldats lors de la première guerre mondiale.


Le territoire français, disséqué dans de nombreux manuels scolaires (Foncin, Belin..), est l'objet de toutes les études. La cartographie de la France et de ses colonies permet d'avoir une vision plus complète de la diversité et de la grandeur de la France.

La commémoration permet également l'unification nationale ; de nombreux monuments aux morts rappellent la défaite tragique de 1870 et la perte des provinces perdues (l'Alsace et la Lorraine).

L'institution militaire provoque également l'augmentation de la conscience nationale. Le brassage social dans les casernes permet à de nombreux hommes de découvrir d'autres habitudes, langues et modes de vie.

L'école et l'armée ont donc un rôle déterminant dans la contruction du sentiment national en France mais aussi en Europe.

En 1914, les opinions publiques ont été préparées de longue date à l'éventualité d'un conflit. En effet, les discours contre les allemands, les poésies, la littérature, les programmes scolaires ont diffusé un sentiment belliqueux dans la société française.

Afin de consolider l'idée nationale, il faut désigner un ennemi absolu (l'Allemagne barbare) qu'il faudra éliminer pour que s'épanouisse la civilisation ; la haine du voisin peut ainsi servir d'exutoire aux divisions sociales, religieuses et politiques et peut ainsi renforcer la solidarité nationale (la future union sacrée).