Constantinople

Fondée en 330, par l’Empereur Constantin
(324-330), la ville de Constantinople anciennement appelée
Byzance, est située sur un promontoire surplombant le
Bosphore et la mer de Marmara, elle est délimitée
à l’est par un estuaire étroit, « la corne
d’or ». Constantinople est située
idéalement à la croisée des routes commerciales
provenant de l’Asie et de l’Europe et proche du Danube et de
l’Euphrate. Devenu la capitale de l’empire d’Orient lors du
partage en 395, elle supplantera Rome par sa
population et sa
richesse.
Plaque tournante du commerce entre l'Orient et
l'Occident, l'activité économique fut en plein essor. Ses
broderies d'or, ses émaux, ses textiles de luxe, ses ivoires
(voir arts décoratifs)
taillés inondèrent les marchés européens et
générèrent une plus grande concentration de
capitaux et la venue de nombreux marchands étrangers
(vénitiens)
Capitale politique et économique du
monde byzantin,
elle est également le siège du patriarcat orthodoxe et de
nombreux conciles s'y déroulèrent.
Constantinople fut une des plus
grandes cités intellectuelles
(première université crée en 330) et culturelle du
moyen-âge.
Les édifices publics sont
nombreux et certains sont réstés sont
célèbres. Crée en 222 par Septime
Sévère et achevé par Constantin, l’hippodrome
était le centre vivant de la cité où se
déroulaient les courses de chevaux et de chars et de nombreuses
fêtes populaires. Spacieux, il pouvait accueillir plus de
100 000 spectateurs..

Afin de résister aux agressions
barbares la ville était fortifiée et une chaîne
avait été tendue entre les deux rives du la corne d'or.
De nombreuses tentatives de conquête furent repoussées par
l'utilisation du redoutable feu
grégeois.
L’Empereur
Justinien contribuera pour beaucoup
à l’embellissement de la ville. En 537, il inaugure la basilique Sainte Sophie qui
est un chef d’œuvre de l’architecture byzantine.
Le
pillage de 1204 par les croisés est
un véritable traumatisme pour cette ville qui ne retrouvera
jamais son éclat passé. Elle devint ensuite la capitale
de l’Etat latin de Constantinople (1204-1261).
Reconquise par Michel VIII le
paléologue en 1261, Constantinople est prise par les
armées ottomanes menées par le sultan Mehmet II (1453),
ce qui provoque la chute de l’Empire byzantin. La ville sera
ensuite rebaptisée Istanbul et connaîtra son apogée
lors du règne de Soliman le magnifique (1520-1566)
La
ville d'Istanbul a suscité l'admiration de nombreux
écrivains français comme Théophile Gautier et
Pierre Loti :
"Oh !
Stamboul ! De tous les noms qui m'enchantent encore, c'est toujours
celui-là le plus magique. [...] Aucune capitale n'est plus
diverse par elle-même, ni surtout plus changeante d'heure en
heure, avec les aspects du ciel, avec les vents et les nuages - dans ce
climat qui a des étés brûlants et une admirable
lumière, mais qui, par contre, a des hivers assombris, des
pluies, des manteaux de neige tout à coup jetés sur ses
milliers de toits noirs. Et ces rues, ces places, ces banlieues de
Constantinople, il me semble qu'elles sont un peu à moi, comme
aussi je leur appartiens."
Pierre Loti, « Fantôme
d'orient » (1ère partie), La nouvelle revue, 12e année, tome 73, 15 décembre
1891, p. 673-693.